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Par Michael Pimenta

MTBF et MTTR : définition, calcul et exemple chiffré

MTBF et MTTR : mesurer la fiabilité de votre parc en deux chiffres

Le MTBF (Mean Time Between Failures) est le temps moyen de bon fonctionnement entre deux pannes d'un équipement réparable : il mesure sa fiabilité. Le MTTR (Mean Time To Repair) est le temps moyen nécessaire pour le remettre en service après une panne : il mesure sa maintenabilité. Combinés, ils donnent le taux de disponibilité, c'est-à-dire la part du temps pendant laquelle la machine peut réellement travailler.

Sur un parc BTP, ces deux indicateurs répondent à des questions très concrètes. Cette pelle tombe-t-elle en panne plus souvent que les autres ? Quand elle s'arrête, est-ce la réparation qui est longue, ou l'attente de la pièce ? Faut-il la remplacer, renforcer la maintenance préventive, ou constituer un petit stock de pièces critiques ? Ce guide donne les formules, un exemple chiffré complet et les erreurs qui faussent le calcul.

En bref : MTBF = heures de fonctionnement ÷ nombre de pannes. MTTR = heures d'arrêt ÷ nombre de pannes. Disponibilité = MTBF ÷ (MTBF + MTTR). Un MTBF élevé veut dire que la machine tombe rarement en panne ; un MTTR faible veut dire qu'elle repart vite quand elle s'arrête. Les deux se pilotent avec des leviers différents.
Modèle Excel de calcul MTBF, MTTR et disponibilité (gratuit) : un journal des pannes (arrêt, remise en service, cause, attente de pièces), un onglet par équipement qui calcule automatiquement le nombre de pannes, les heures d'arrêt, le MTBF, le MTTR et la disponibilité, un exemple rempli sur quatre machines et un mode d'emploi. Aucune inscription demandée.
Télécharger le modèle Excel (.xlsx, 23 Ko)

MTBF, MTTR, MTTF : les définitions

Ces sigles viennent de la sûreté de fonctionnement et sont repris dans la terminologie de la maintenance (norme NF EN 13306). En français, on parle aussi de moyenne des temps de bon fonctionnement pour le MTBF et de temps moyen de réparation pour le MTTR. Les fiches du glossaire détaillent chacun des termes : MTBF, MTTR et taux de disponibilité.

IndicateurCe qu'il mesureFormuleS'applique à
MTBF
Mean Time Between Failures
La fiabilité : combien de temps la machine fonctionne, en moyenne, entre deux pannesHeures de fonctionnement ÷ nombre de pannesÉquipements réparables : engins, nacelles, compresseurs, groupes
MTTR
Mean Time To Repair
La maintenabilité : combien de temps il faut, en moyenne, pour la remettre en serviceHeures d'arrêt ÷ nombre de pannesÉquipements réparables
MTTF
Mean Time To Failure
La durée de vie moyenne avant la défaillance, unique, d'un composant que l'on remplaceHeures de fonctionnement cumulées ÷ nombre de composants défaillantsPièces non réparables : filtres, courroies, flexibles, batteries
DisponibilitéLa part du temps pendant laquelle l'équipement est utilisableMTBF ÷ (MTBF + MTTR)Tout équipement suivi

Retenez la répartition des rôles : le MTBF dit à quelle fréquence la machine vous lâche, le MTTR dit combien de temps elle vous lâche. Deux machines peuvent avoir la même disponibilité pour des raisons opposées : l'une tombe souvent en panne mais repart dans l'heure, l'autre tombe rarement mais reste immobilisée une semaine. Elles ne se soignent pas de la même façon.

Comment calculer le MTBF et le MTTR

Le calcul tient en deux divisions. La difficulté n'est pas mathématique : elle est dans la qualité des données que l'on met au numérateur et au dénominateur. Procédez dans cet ordre :

  1. Choisissez une période et un équipement. Un trimestre est un bon compromis sur un parc de chantier : assez long pour compter plusieurs pannes, assez court pour réagir.
  2. Relevez les heures de fonctionnement réelles. Pour un engin, c'est la différence entre le relevé du compteur horaire en fin et en début de période. Pas le nombre de jours où la machine était affectée à un chantier.
  3. Listez les pannes de la période. Une panne, c'est un arrêt non prévu qui empêche la machine de travailler. Les entretiens et les vérifications planifiés n'en font pas partie.
  4. Datez chaque arrêt et chaque remise en service. L'arrêt commence quand la machine cesse de travailler, pas quand le mécanicien arrive. Il se termine quand elle est de nouveau utilisable.
  5. Calculez. MTBF = heures de fonctionnement ÷ nombre de pannes. MTTR = total des heures d'arrêt ÷ nombre de pannes. Disponibilité = MTBF ÷ (MTBF + MTTR).
Une convention à fixer une fois pour toutes : comptez les heures d'arrêt soit en heures calendaires (nuits et week-ends compris), soit en heures ouvrées perdues, mais gardez la même règle pour toutes les machines et toutes les périodes. Un indicateur dont on change la définition en cours de route ne permet plus aucune comparaison.

Exemple chiffré : une pelle hydraulique sur un trimestre

Prenons une pelle hydraulique de 21 tonnes suivie du 1er juillet au 30 septembre. Son compteur horaire est passé de 6 218 h à 6 630 h : elle a donc fonctionné 412 heures sur la période. Le journal des pannes compte trois arrêts :

PanneArrêtRemise en serviceHeures d'arrêtDont attente de pièce
Flexible hydraulique du bras percé8 juillet, 14h009 juillet, 8h0018 h10 h
Capteur de température moteur5 août, 10h005 août, 16h006 h0 h
Galet de chenille à remplacer15 septembre, 7h3016 septembre, 13h3030 h22 h
Total3 pannes54 h32 h

Le calcul donne :

  • MTBF = 412 h ÷ 3 pannes = 137 heures. La pelle travaille en moyenne 137 heures entre deux pannes, soit un peu plus de quatre semaines à 6 heures moteur par jour ouvré.
  • MTTR = 54 h ÷ 3 pannes = 18 heures. Chaque panne l'immobilise en moyenne 18 heures.
  • Disponibilité = 137 ÷ (137 + 18) = 88 %. Le même résultat s'obtient directement : 412 ÷ (412 + 54).
Schéma MTBF et MTTR : 412 heures de fonctionnement et 3 pannes de 18, 6 et 30 heures sur une pelle hydraulique, soit un MTBF de 137 h, un MTTR de 18 h et une disponibilité de 88 %

La pelle sur le trimestre : trois pannes, 54 heures d'arrêt, un MTBF de 137 h et une disponibilité de 88 %.

La dernière colonne du journal est la plus instructive : sur les 54 heures d'arrêt, 32 ont été passées à attendre une pièce. Le geste de réparation lui-même a pris 22 heures sur le trimestre. Pour améliorer la disponibilité de cette pelle, accélérer l'atelier ne servirait presque à rien ; avoir un flexible et un jeu de galets d'avance changerait tout.

Comparer plusieurs machines

Le même calcul appliqué à quatre équipements du parc sur le même trimestre (ce sont les données d'exemple du modèle Excel) :

ÉquipementHeures de fonctionnementPannesHeures d'arrêtMTBFMTTRDisponibilité
Pelle hydraulique 21 t412 h354 h137 h18 h88 %
Nacelle articulée 12 m180 h172 h180 h72 h71 %
Compresseur 5 m³260 h212 h130 h6 h96 %
Groupe électrogène 60 kVA310 h00 hnon calculable-100 %

La nacelle n'a connu qu'une seule panne et affiche le meilleur MTBF du tableau. C'est pourtant la machine la moins disponible : trois jours d'immobilisation, passés presque entièrement à attendre la pièce du vérin. À l'inverse, le compresseur tombe en panne deux fois mais repart dans la journée. Regarder le seul MTBF aurait conduit à la mauvaise conclusion. Pour un loueur, chaque jour d'arrêt de ce type est un jour non facturé : c'est ce que suit un logiciel de gestion de parc de location, machine par machine.

Le groupe électrogène, lui, n'a aucune panne sur la période : son MTBF n'est pas « infini », il est simplement inconnu. Il faudra attendre plus de recul pour le calculer.

Où trouver les données sur un parc de chantier

Dans l'industrie, une GMAO enregistre les arrêts des machines de production. Sur un parc BTP, les machines tournent sur des chantiers dispersés et les pannes remontent par téléphone, quand elles remontent. Quatre informations suffisent, à condition de les noter au bon moment :

  • Le compteur horaire, relevé au départ et au retour de chantier, ou au minimum en début et en fin de période. Pour les petits matériels sans compteur, on retient les jours d'utilisation multipliés par une durée moyenne, en sachant que la précision baisse.
  • La date et l'heure de l'arrêt, notées par le chef d'équipe ou le conducteur au moment où la machine s'arrête, pas le lendemain au bureau.
  • La date et l'heure de la remise en service, notées par l'atelier ou le mécanicien qui rend la machine.
  • La cause et l'attente de pièces, en une ligne. C'est ce qui permet ensuite de distinguer un problème de fiabilité d'un problème d'approvisionnement.

Ces mêmes données servent à d'autres calculs du parc : le coût horaire d'un engin de chantier, qui doit intégrer les heures d'immobilisation, et la durée de vie du matériel, qui se lit dans l'évolution du MTBF au fil des années.

6 erreurs fréquentes dans le calcul du MTBF et du MTTR

  • Calculer le MTBF sur le temps calendaire. Diviser 92 jours par 3 pannes donne un chiffre flatteur pour une machine qui a passé la moitié du trimestre au dépôt. Seul le temps de fonctionnement réel compte.
  • Démarrer le chronomètre à l'arrivée du mécanicien. Le MTTR doit couvrir tout ce que subit le chantier : détection, déclaration, diagnostic, attente de pièce, réparation et essais.
  • Compter les entretiens planifiés comme des pannes. Une vidange ou une vérification générale périodique sont des arrêts prévus : ils pèsent sur la disponibilité planifiée, pas sur la fiabilité.
  • Conclure sur une ou deux pannes. Avec moins de trois pannes sur la période, le MTBF reste indicatif. Allongez la période ou regroupez des machines identiques.
  • Comparer des machines qui n'ont rien à voir. Le MTBF d'un compresseur et celui d'une pelle de 21 tonnes ne se comparent pas. Comparez des machines de même famille et d'usage proche.
  • Croire que le MTBF s'améliore quand les pannes ne sont plus déclarées. Une fiabilité qui progresse sans aucun changement technique traduit souvent une baisse des déclarations, pas une meilleure machine.

Améliorer le MTBF ou réduire le MTTR : des leviers différents

Agir sur l'un ou sur l'autre améliore la disponibilité, mais rarement au même coût. Le journal des pannes indique lequel attaquer en premier.

Pour allonger le MTBF (moins de pannes)

  • Une maintenance préventive réglée sur les heures moteur plutôt que sur le calendrier.
  • Un contrôle de l'état à chaque retour de chantier, pour réparer avant la panne suivante.
  • Des conducteurs formés et autorisés pour la machine qu'ils utilisent.
  • Le bon engin pour le bon travail : une machine sous-dimensionnée s'use plus vite. Le guide des engins de chantier et de leurs familles aide à choisir.

Pour réduire le MTTR (des arrêts plus courts)

  • Un stock des pièces qui reviennent dans le journal : flexibles, filtres, courroies, capteurs.
  • Une déclaration de panne immédiate depuis le chantier, avec une photo.
  • L'historique des pannes précédentes accessible au mécanicien, pour accélérer le diagnostic.
  • Une machine de remplacement identifiée à l'avance pour les équipements critiques.

Pour choisir entre préventif, conditionnel et correctif selon la machine, voir notre article sur les types de maintenance des engins BTP, et pour les arrêts subis sur chantier, les solutions pour réduire les pannes imprévues.

Garder la trace des pannes avec Substock

Le calcul ne vaut que par les dates qu'on lui fournit. Dans Substock, chaque équipement suivi à l'unité a un état (disponible, affecté, en panne, à réparer, hors service) et un historique dans lequel chaque changement d'état est daté. Le passage « en panne » puis le retour « disponible » donnent précisément l'arrêt et la remise en service à reporter dans le journal. Voir le suivi unitaire du matériel.

Pour la flotte, chaque véhicule et chaque engin a un statut (en service, en maintenance, hors service) et ses échéances d'entretien, détaillés sur la page gestion de flotte BTP. Et un équipement en retard de vérification ou non conforme est immobilisé jusqu'à la levée de réserve, avec la date de cette levée : voir le suivi des VGP et contrôles périodiques.

Des pannes datées, au lieu de souvenirs
Substock enregistre l'état de chaque machine depuis le terrain, par simple scan, et en garde l'historique. Voyez ce que ça donne sur votre parc.
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FAQ — MTBF et MTTR

Comment calculer le MTBF ?

Divisez le temps de fonctionnement réel sur la période par le nombre de pannes survenues. Une pelle qui a fonctionné 412 heures avec 3 pannes a un MTBF de 137 heures. Comptez les heures moteur et non les jours calendaires, sinon le MTBF est surestimé.

Comment calculer le MTTR ?

Additionnez la durée de chaque arrêt, depuis l'arrêt de la machine jusqu'à sa remise en service, puis divisez par le nombre de pannes. Trois arrêts de 18, 6 et 30 heures donnent un MTTR de 18 heures. L'attente de pièces fait partie du MTTR : c'est souvent le poste le plus lourd.

Quelle est la différence entre MTBF et MTTR ?

Le MTBF mesure la fiabilité : le temps moyen pendant lequel un équipement fonctionne entre deux pannes. Le MTTR mesure la maintenabilité : le temps moyen pour le remettre en service. On allonge le premier par la maintenance préventive et le bon usage de la machine, on réduit le second par la disponibilité des pièces et une déclaration rapide des pannes.

Comment calculer le taux de disponibilité à partir du MTBF et du MTTR ?

Disponibilité = MTBF ÷ (MTBF + MTTR). Avec un MTBF de 137 heures et un MTTR de 18 heures, la disponibilité est de 137 ÷ 155, soit 88 %. C'est la part du temps pendant laquelle la machine est en état de travailler, hors arrêts planifiés.

Le MTBF inclut-il le temps de réparation ?

Cela dépend de la convention. En fiabilité, certains définissent le MTBF comme l'intervalle entre deux pannes successives, réparation comprise (MTBF = MTTF + MTTR). En maintenance, on retient le plus souvent la moyenne des temps de bon fonctionnement, sans la réparation. Les deux se défendent : l'important est de garder la même convention dans le temps.

Quelle différence entre MTBF et MTTF ?

Le MTBF s'applique aux équipements réparables, que l'on remet en service après une panne : engins, nacelles, compresseurs. Le MTTF s'applique aux composants que l'on remplace, comme un filtre, une courroie ou une batterie : il mesure la durée de vie moyenne avant leur unique défaillance.

Peut-on calculer le MTBF sur Excel ?

Oui. Il suffit d'un journal des pannes (équipement, arrêt, remise en service) et des heures de fonctionnement de chaque machine : NB.SI compte les pannes, SOMME.SI additionne les heures d'arrêt, et deux divisions donnent le MTBF et le MTTR. Le modèle Excel proposé dans cet article fait ces calculs automatiquement.

L'essentiel à retenir

Le MTBF mesure la fréquence des pannes, le MTTR leur durée, et la disponibilité résume les deux : MTBF ÷ (MTBF + MTTR). Calculés sur le temps de fonctionnement réel et avec des arrêts comptés de la panne à la remise en service, ils permettent de comparer les machines d'une même famille et de savoir où agir.

Commencez simplement : un journal des pannes tenu au fil de l'eau, un relevé des compteurs chaque trimestre, et le modèle Excel pour faire les calculs. Au bout de deux ou trois trimestres, les chiffres montrent quelles machines coûtent cher en arrêts, et si le remède est dans l'atelier, dans le stock de pièces ou dans le remplacement de la machine.

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À propos de l'auteur

Michael Pimenta

Expert en gestion de parc matériel BTP · Fondateur de Substock

Fondateur de Substock, Michael a passé plusieurs années sur des chantiers de fibre optique et de génie civil avant de créer un logiciel SaaS de gestion de parc matériel pour le BTP. C'est en combinant son expérience terrain et son parcours en startup qu'il a conçu une solution pensée par un professionnel du chantier, pour les professionnels du chantier.